ÉDITORIAL DU PRESIDENT

BONNE ANNÉE 2022 A TOUS NOS CONFRÈRES

 

Albert Camus 1935 : « En cette nouvelle année, on ne demande pas grand-chose : du travail et de la Santé »

Il avait prédit l’avenir des médecins ?

 

En débutant cette nouvelle année qui s’annonce toujours compliquée, je veux d’abord vous remercier, tous, quel que soit votre statut : libéral, salarié, hospitaliers, retraités, remplaçants, étudiants en médecine et aussi tous nos collaborateurs qui se sont investis avec tellement de volonté dans cette année 2020 pour prendre en charge tous nos patients… covid et autres.

Malgré les risques personnels, malgré la fatigue, malgré les instructions contradictoires vous avez tous été admirables, sur le pont en permanence dans vos services, dans vos cabinets, dans vos bureaux, au domicile, dans les EHPAD et services médico-sociaux et bien sûr dans les centres de vaccination.

 

Merci à vous tous, merci à ces amis précieux qui ont accepté de prendre en charge ces organisations lourdes et ingrates. Ils se reconnaitront.

 

Parce que nous savons que c’est le cœur de notre métier ou plutôt de notre vocation que de soigner, soulager et prévenir, tous se sont transcendés pour éviter une catastrophe prévisible et que nous avions depuis longtemps redoutée en voyant la triste réalité de l’organisation de notre système de soins.

 

Nous l’avions écrit et pragmatiquement annoncé devant cette démographie médicale que nous voyions s’effondrer et devant une charge de travail administratif et médical croissante. Dans, au mieux, l’indifférence et au pire l’accusation de corporatisme, nous demandions de nous accompagner dans une réforme indispensable.

 

Si par votre engagement sans compter nous avons évité au maximum à nos patients des carences de prise en charge, il ne faudrait pas que, après les applaudissements du soir, cette abnégation soit oubliée et que l’on revienne à une gestion comptable plus que médicale.

 

Cette nouvelle année démarre dans l’inquiétude du variant Omicron et les incertitudes qu’il provoque sur les vaccinations, sur les fermetures de blocs opératoires et leurs conséquences sur les prises en charge des patients.

 

Nous serons bien sûr présents, fatigués mais présents, car notre sens des responsabilités nous interdit de savoir conjuguer ce verbe.

 

Je garde le souvenir ému de nos premières séances de vaccination au Conseil de l’Ordre, et de l’immédiat volontariat de vos conseillers ordinaux et de notre équipe administrative, mais aussi de tous nos amis qui se sont instantanément proposés pour aider dans cette course contre la montre et qui ont donné un exemple exceptionnel du sens du mot confraternité et j’ai encore en moi le regard de ces confrères de tous âges remerciant pour cette petite dose qui leur donnait l’espoir en même temps que cela convainquait les réticents voyant l’adhésion de notre profession à cette stratégie vaccinale.

 

Au-delà de cette période troublée, je sais que cela a changé beaucoup de nos relations institutionnelles et que cette épreuve a permis de renouer un dialogue, parfois oublié, parfois conflictuel avec l’ensemble des acteurs de notre système de soins. J’espère que ce changement marquera les esprits et que notre profession retrouvera le respect et l’écoute qui nous ont tant manqué.

 

Peut-être suis-je trop optimiste, mais je crois en la force de conviction de la médecine et en l’intelligence humaine qui ouvrira les yeux de ceux qui oublient trop facilement le rôle majeur des médecins dans une société.

 

Notre complémentarité au travers de nos différences de spécialités, de statuts, d’approche de notre pratique médicale est une grande force et doit s’imposer pour que la qualité des soins que nous prodiguons soit reconnue et s’impose dans cette année électorale où nous espérons que les programmes électoraux sauront mettre la place du médecin dans les priorités d’une nouvelle société.

 

Avec toute ma reconnaissance pour votre action mais comme je le fais depuis si longtemps et avec la même sincérité, je vous souhaite au nom du Conseil, une Bonne et Heureuse Année 2022 pour vous et vos proches.

 

Dr René-Pierre LABARRIERE

 

PS : alors que je termine mon courrier, s’envolent les chiffres de contamination, alors tenons le coup et vaccinons