ÉDITORIAL DU PRESIDENT

« Là où il n’y a pas d’espoir, nous devons l’inventer » Albert Camus

 

L’été est déjà bien avancé et j’espère que ceux qui n’ont pas déjà pu prendre leurs vacances pour se reposer vont pouvoir le faire rapidement.

 

J’aurai quand même pu écrire cet éditorial plus tôt…excusez-moi !

 

Ces mois passés, difficiles pour beaucoup d’entre nous, avec une charge de travail croissante, rend nécessaire ce temps de repos et la situation sanitaire, révélée par le Covid mais inéluctable quand on regarde les décisions prises et les errements dans la gestion de la politique de santé de notre pays sont aujourd’hui face à nous et face aux patients.

 

Quel que soit notre secteur d’activité en médecine libérale, hospitalière ou salariée, quelle que soit notre discipline, en médecine générale, en médecine spécialisée, en médecine du travail, médecine de contrôle, etc… nous sommes tous confrontés à cette surcharge d’activité et aux difficultés dans la prise en charge de nos patients.

 

Comme nous le disons depuis longtemps notre système est à bout de souffle et une réforme d’ampleur est indispensable.

 

Est-elle possible ?

 

La nature ayant horreur du vide, des mesures de bric et de broc ont été prises, sans véritable concertation, sans réflexion commune sur les rôles et place de chacun des acteurs du système de soins pour protéger la Vie.

 

La voix de l’Ordre dans cette période s’est élevée et a dénoncé ces évolutions préoccupantes.

 

L’équipe de l’Ordre national a été renouvelée en juin et le nouveau Président François Arnault a succédé au Président Patrick Bouet avec un style différent mais un objectif identique :  protéger les patients et respecter les médecins.

C’est dans ce contexte que j’ai eu l’honneur de prendre la présidence de la Section Exercice Professionnel, où je vais vous représenter et défendre nos valeurs communes.

Les missions de la Section EP :

 

– De donner des avis, des conseils ou des informations d’ordre juridique et déontologique aux conseils départementaux, régionaux ou interrégionaux et aux médecins sur les questions relevant :

 

  • Des relations entre les médecins et les organismes de protection sociale ;
  • Des relations entre médecins hospitaliers ou salariés avec les établissements ou structures dans lesquels ils exercent et, de façon plus générale, sur la législation applicable et son évolution.
  • De l’organisation de la permanence des soins et de l’aide médicale urgente.
  • Des différentes modalités d’exercice de la médecine et de leurs réglementations.
  • Des coopérations interprofessionnelles et, en lien avec la délégation générale aux données de santé et au numérique, des pratiques professionnelles et des exercices médicaux utilisant les moyens numériques.
  • De préparer des avis aux pouvoirs publics et aux organismes de protection sociale sur les textes législatifs, réglementaires ou conventionnels en préparation dans les domaines évoqués ci-dessus, ainsi que de préparer les suites juridiques qu’ils comporteraient.

 

 

–  De coordonner les travaux de l’Observatoire de la Sécurité dans l’exercice professionnel.

 

Votre confiance m’a conduit à ce poste et j’essaierai d’être digne de vous et de faire évoluer la prise de conscience par les responsables politiques, la caisse nationale d’assurance maladie et tous les autres acteurs du système de soins de la place essentielle des médecins au sein de la société.

 

Réfléchir ensemble à ce nécessaire changement pour maintenir l’accès aux soins pour la population.

 

Notre département a toujours été en avance et cohérent dans sa conception de notre profession.

 

Ensemble, les médecins de la Haute-Savoie ont toujours cherché à défendre ces valeurs et à s’organiser pour l’intérêt public.

 

La permanence des soins de notre département a toujours bien fonctionné même si certains secteurs sont en grande souffrance.

Le lien ville hôpital a toujours été respectueux même s’il a besoin d’être renforcé, la mutualisation de nos forces étant le seul espoir pour permettre une meilleure efficience.

 

L’équipe de conseillers ordinaux qui m’entoure est cohérente et motivée, chacun d’entre eux s’est engagé afin de garantir la disponibilité de votre Conseil et remplir ses missions à votre service.

 

Notre département a été validé dans la mise en place du système d’accès aux soins.

Nous espérons que cela permettra de faciliter la prise en charge des soins non programmés, même si nous savons bien que l’immense majorité de ces demandes de soins font déjà l’objet d’une prise en charge au quotidien par chacun d’entre vous et que seules la démographie et la limitation des plateaux techniques sont responsables de ces carences dans l’accès aux soins.

 

Je défendrai toujours l’engagement de nos confrères qui souvent, au détriment de leur vie familiale, répondent aux besoins de leurs patients.

 

Nous sommes conscients que les retards pris dans les explorations fonctionnelles et dans la chirurgie du fait de la fermeture de lits ou de plages de bloc, le manque de places en structures d’aval ou en EHPAD dans les deux années qui viennent de passer ont aggravé encore cette capacité d’accès aux soins.

 

Nous voyons bien combien il est difficile aujourd’hui de trouver un remplaçant ou un successeur et ne pouvons que remercier ceux qui ayant dépassé l’âge de la retraite continuent avec passion et s’engagent pour prendre en charge des patients.

 

Le ton, néanmoins, change.

Les différents acteurs que nous rencontrons ont conscience qu’ils ne pourront rien réussir sans le respect de la parole des professionnels, sans admettre que les valeurs essentielles de l’accès, la qualité et la continuité des soins associées à une formation continue performante sont les piliers de notre système.

Notre code de déontologie en est le garant.

Sans cette conception, rien ne sera possible et ils devront assumer cette responsabilité.

 

Les collaborations interprofessionnelles ne peuvent exister que dans un équilibre négocié patiemment entre les différents Professionnels de santé.

Nos formations différentes doivent permettre une complémentarité et non un remplacement opportuniste mais déstructurant pour l’offre de soins.

Un travail entre les Ordres des différentes professions est indispensable pour réussir la mise en œuvre de véritables équipes de soins dont nous pensons que le médecin par sa formation doit rester le pilote.

 

Que cette fin d’été vous soit profitable, Retrouvez des forces et profitez de ceux qui vous sont chers.

 

En vous remerciant à nouveau de votre confiance et avec toute mon amitié

 

Dr René Pierre LABARRIERE

Président du CDOM 74

Conseiller National de l’Ordre des Médecins

Président de la Section exercice professionnel